Chronique : Willy a dit…

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Lundi 15 juin 2020.

Le pays glisse, heureusement qu’il ne tombe pas. Les Gabonais naissent, grandissent, vieillissent et meurent. C’est le cycle normal de la vie. Reste à chacun de marquer chaque étape de ce cycle universel. Certains diront que le rap était mieux avant, que la vie était mieux avant, qu’à l’époque l’espoir se renouvelait avec le chant du cop. Un gros me dit toujours que les années collège, puis les années lycée sont les meilleurs moments de la vie. Et, il ne regrette pas. Je dis oui. Oui pourquoi ? Oui parce qu’à cette époque à Oyem comme dans toutes les villes du #Gabon, le respect, la discipline, l’amour, le sport et l’école régnaient en maître absolu.

Les élèves étaient fiers de leur établissement scolaire, arboraient fièrement les symboles de celui-ci. La tenue soignée épousait le corps et l’esprit de l’établissement. Je me souviens qu’on achetait les chemises blanches de marque tomate chez les tailleurs, sur lesquelles on collait le badge de l’établissement. C’était là, notre façon de se détourner des tenues mal cousues que l’établissement vendait. Les élèves de 6e ouvraient le bal avec les nouveaux entrants, pressés d’en découdre vu qu’ils n’ont plus un seul adulte en face, mais beaucoup de professeurs avec chacun des exigences différentes assiégeaient les salles de classes vides.

Les élèves étaient propres, beaux. Au-delà de l’épreuve scolaire, il y a une épreuve personnelle. Chacun laissait le poids de ses problèmes sociaux et familiaux au vestiaire lorsqu’il arrivait dans son établissement. Les adultes nous donnaient du temps, nous en encadraient, nous protégeaient. C’était les bons moments de franches rigolades. Les filles assumaient moins bien leur apparence physique, elles étaient plus stressées mais avaient confiance en elles. La majorité des adolescents qu’on était, se sentaient plutôt heureux et confiants.

La gente féminine prenait le dessus sur nous, parce que l’amour était pur et sincère. Tellement amoureux qu’on avait peur de les aborder. Elles étaient nos petites amies dans le cœur, et seul notre entourage proche le savait. Les lettres étaient notre moyen d’expression. La réponse de la fille se lisait seule dans la chambre le soir. Malgré tout, chacun avait sa chacune. Impossible pour une fille d’avoir deux copains en même temps. Il était rare de voir les filles du premier cycle sortir avec les hommes mariés. Comme il était rare de voir une fille sortir avec un mec inférieur à son niveau d’études. Tout avait un sens, tout était en ordre.. Pas de tissage ni de maquillage, autorisé mais les filles brillaient. On était impatient de repartir à l’école parce qu’on voulait revoir celle où celui qu’on convoitait, ou pour montrer une nouvelle chaussure. C’était notre croyance et attitude, une méthode d’aimer l’école.

Dans la ville, le samedi était le seul jour auquel la jeunesse pouvait se distraire, groover. Les concerts gratuits à la tribune officielle, à #MarieDominique, ou à #DonBosco étaient les seuls distractions officielles. A la fin de ces événements, la marée humaine se déversait dans l’unique quartier show de l’époque #Adjougou. Les bars le #pétrolier, #citygerl, #Grazie étaient les choix d’excellence. Le #casa dans les verres jetables une harmonie. On cassait les bouteille sur la route pour se défouler et en récompense des 100f de consigne soutiré lors de l’achat de la bière. Le dimanche était synonyme de ville morte, ce calme annonçait un lendemain mouvementé.

L’école étant bien évidemment au centre des préoccupations néanmoins le sport et les arts avaient leur place. On te connaissait dans la ville parce que ton style vestimentaire faisait l’unanimité, parce que tes qualités athlétiques sont incroyables, parce que toute la ville reconnaissait tes talents de danseur surtout parce que tu étais monstre à l’école.

Le collège était un lieu de formation et d’échanges à part entière. On prêtait plus attention à la personnalité, au développement des adolescents. Le travail en équipe entre élèves permettait aux uns de baisser les lacunes des autres. L’enjeu était de taille. En fédérant le collège autour du rapport à autrui, c’est le lien social que l’on fortifiait.

Il est important de repenser ensemble notre système éducatif pour le rendre plus juste et garantir à tous un avenir professionnel. #Abimtê

C’était Willy, un peu nostalgique de notre vie d’adolescent de l’époque…

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