Chronique : Willy a dit…

0
58

Jeudi 9 juin 2020. Je me suis réveillé tôt ce matin. Malgré les multiples révélations qui ne cessent de surprendre sur les moyens de transmission du #Covid-19, je me sens en forme. On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais c’était sans compter sur l’insécurité grandissante dans Libreville. Ici, celui qui se lève tôt et sort tôt de sa maison fait l’avenir des bagandos de son quartier.

Le braquage est devenu un métier à part entière, au même titre que la prostitution. On braque en groupe, on se prostitue en groupe. Les coins dangereux de la capitale sont connus, aussi bien que les rues dédiées à la prostitution. Toutefois, les forces de défense et de sécurité préfèrent garder les monuments et les échangeurs.

Aucune stratégie complexe qui soit correctement équilibrée entre prévention et répression. On les attrape, on leur caresse le dos avec des matraques, puis on les relâche. Et, derrière ils montent en grade. Il n’y a pas trace au Gabon d’une justice de proximité telle qu’elle peut exister dans d’autres pays. Les véhicules de patrouille manquent de carburant dans un pays où le pétrole abonde.

Seulement, il y a dans la politique gouvernementale, une contradiction constante entre le discours et les actes. On constate un sursaut d’orgueil nonchalant à chaque fois qu’une scène horrible est filmée et publiée sur la toile. Une fois l’urgence passée, aucune action de suivi n’est mise en place et les bonnes résolutions s’envolent.

Pourquoi les mairies d’arrondissements et le ministère de l’intérieur ne soutiennent, ou ne collaborent avec la police volontaire des quartiers ? Qui, au regard de ce qui est présentement fait dans certains quartiers, a juste besoin de coaching, d’équipements basiques et une reconnaissance officielle. Apprenons à nous faire confiance.

Les petits n’ont pas totalement tort. La société dans laquelle ils vivent ne produit plus. En fait, le Gabon a cessé de nourrir ses enfants. Pour certains jeunes, intégrer un clan peut donner du sens et de la valeur à une vie d’adolescent qui semble manquer d’avenir, même si cela tend à accentuer la pauvreté souvent déjà existante.

Nous sommes dans un pays où les parents passent moins de temps avec leurs progénitures. Un manque de communication entre les générations. Encore que la plupart des familles sont monoparentales. Les actes montrent que les parents encouragent l’autonomie et l’indépendance des enfants et exercent moins contrôle parental. Conséquence, l’attitude des jeunes a donné naissance à des sous cultures riches en délinquance juvénile.

Il existe aujourd’hui de nombreux exemples de la créativité et la diversité de la culture jeune qui pourrit la société, notamment dans la musique, la danse, les clips, le langage. Les mesures d’austérité du Gouvernement qui touchent la jeunesse plus que d’autres groupes sociaux, renforcent cette tendance à la dégradation des conditions de vie des jeunes. Leur langage est repris au sommet de l’État. Leurs vidéos font du Buzz, de quoi servir de modèle. Les possibles productions ne concernent que les recrutements dans l’armée. Comme ci le but visé était de caser toute la jeunesse Gabonaise dans les corps habillés. Alors ne nous plaignons plus du comportement incivique de certains agents de nos forces de sécurité. #Abimtê.

C’était Willy…

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here